["Journal of the Royal Anthropological Institute, EarlyView. ", "\nUnder Narendra Modi's premiership, India's economy is rapidly being ‘dematerialized’ towards a digital economy: ‘faceless, paperless, cashless’ in his words. At first glance, it captures the quintessence of free laissez‐faire market reforms, but I argue there is more to Modi's project of liquidity. This paper re‐reads the re‐engineering of India's economy, arguing that this idea of liquidity is what holds together in conflicting tension the polarities for de‐regulated free laissez‐faire market reforms with a re‐sacralized and protectionist nationalism. Grounded in the stories of local builders working the ‘spatial fix’, the multi‐sited ethnography recovers how money is more than some medium of exchange or vessel for abstract value. It is itself constitutive of shared dispositions, meanings, understandings, a vernacular, all in service towards a conceived ideal commons. Reframing our understanding of modern money thus, the paper therefore argues that Modi's monetarist reforms are an assertion for a different kind of collective existence – a re‐sacralized socio‐spatial project wherein membership demands the reconfiguration of self and of relations, as these builders experience first‐hand. The economy is never just about economics; it is inherently political and indelibly personal.\n\nRésumé\nAvec Narendra Modi aux commandes du pays, l’économie de l'Inde se « dématérialise » rapidement pour devenir une économie numérique, « sans visage, sans papier, sans argent liquide », selon les mots du Premier ministre. Si, au premier abord, il s'agit là de la quintessence du laisser‐faire dans les réformes de marché, l'autrice soutient toutefois que le projet de liquidité de Modi va plus loin. Le présent article propose une nouvelle interprétation du remodelage de l’économie indienne en avançant que cette idée de liquidité est ce qui relie, dans une tension contradictoire, les polarités de réformes tendant vers le laisser‐faire et la déréglementation des marchés, d'une part, et un nationalisme resacralisé et protectionniste, d'autre part. Ancrée dans les histoires d'ouvriers locaux travaillant à construire le spatial fix, cette ethnographie sur plusieurs sites révèle en quoi l'argent est plus qu'un moyen d’échange ou un réceptacle de valeur abstraite : il participe, en lui‐même, à la construction de dispositions, de significations, de compréhensions partagées, d'un langage vernaculaire, le tout au service d'un bien commun idéalisé. En recadrant ainsi notre conception de l'argent moderne, l'article avance que les réformes monétaristes de Modi sont l'affirmation d'un genre différent d'existence collective : un projet sociospatial resacralisé qui impose, pour y appartenir, la reconfiguration de soi‐même et de ses relations, ainsi que les ouvriers évoqués le vivent directement. L’économie n'est jamais seulement une affaire de facteurs économiques ; elle est politique par sa nature même, et indélébilement personnelle.\n"]