Conceptual colour: race, economic knowledge, and the anthropology of financializationDe la couleur comme concept : race, connaissances économiques et anthropologie de la financiarisation
Journal of the Royal Anthropological Institute
Published online on March 25, 2026
Abstract
["Journal of the Royal Anthropological Institute, EarlyView. ", "\nEconomic anthropologists now carry out fieldwork in settings for which the ethnographic method was never designed, amongst powerful financial actors who are notoriously difficult to access, and in contexts which transcend geographical boundaries. This has engendered a re‐orientation of anthropology, to consider not only the economic lives of people but also the social life of devices and concepts. Drawing on ethnographic readings of corporate documents as well as fieldwork with various fee‐earning intermediaries, this article looks at two concepts, ‘emerging markets’ and ‘human capital’, that are directed towards the making of investability in financial imaginaries and thus play a critical role in the production of financialization. Although often portrayed as neutral forms of knowledge, such concepts of economy, it is argued, are implicated in processes of racialization and that financialization is enacted through and produces racial forms. Responding to recent calls to attend to the legacy of empire and colonialism in financial capitalism, and inspired by the Black Radical Tradition, this article shows how colonial ideas of racial ordering are incorporated into these economic concepts. Thus, the invocation of these concepts, which play a vital role in creating legitimacy for intermediaries and their interventions, entrenches racializing dynamics of financialized capitalism.\n\nRésumé\nLes anthropologues économistes s'aventurent aujourd'hui sur des terrains pour lesquels la méthode ethnographique n'a jamais été pensée : parmi des acteurs financiers puissants et notoirement difficiles d'accès, dans des contextes qui transcendent les frontières géographiques. L'anthropologie doit alors se réorienter pour tenir compte non seulement de la vie économique des personnes, mais aussi de la vie sociale des dispositifs et des concepts. Sur la base de lectures ethnographiques de documents d'entreprise, ainsi que d'un travail de terrain mené auprès de différents intermédiaires rémunérés, le présent article examine les deux concepts de « marchés émergents » et de « capital humain », qui visent à créer de l'investissabilité dans les imaginaires financiers et jouent ainsi un rôle critique dans le processus de financiarisation. L'autrice avance que ces concepts économiques, souvent présentés comme des formes neutres de connaissances, sont en réalité impliqués dans des processus de racialisation, la financiarisation étant à la fois mise en actes par le biais de formes raciales, et génératrice de celles‐ci. En réponse aux récents appels à explorer l'héritage de l'impérialisme et du colonialisme dans le capitalisme financier, l'article, inspiré par la tradition radicale noire, montre comment les idées coloniales d'ordre racial sont incorporées dans ces concepts économiques. L'invocation de ceux‐ci, qui jouent un rôle vital dans la légitimation des intermédiaires et de leurs interventions, conforte ainsi la dynamique de racialisation du capitalisme financiarisé.\n"]