Nightmare egalitarianism: Commensuration, autonomy, and imaginationLe cauchemar de l’égalitarisme : commensuration, autonomie et imagination
Journal of the Royal Anthropological Institute
Published online on March 09, 2026
Abstract
["Journal of the Royal Anthropological Institute, Volume 32, Issue S1, Page 7-27, March 2026. ", "\nEgalitarianism is often idealized, but many anthropologists have noted its potential for nightmare scenarios involving envy, mistrust, and violence. This introduction outlines a framework for understanding the negative emotions and violence associated with the forces of commensuration that are necessary to make people equal. The levelling effect of commensuration stands in tension with autonomy and mutuality; and may be contained through imaginative social practice. Drawing on ethnographic examples ranging from Neolithic architecture to contemporary state formation, we distinguish three fundamental modes of egalitarianism: ‘non‐egalitarianism’, based on the incommensurability of beings; ‘segmentary egalitarianism’, which draws equivalences within defined groups and is based on partial commensuration; and ‘general egalitarianism’ based on universal and absolute commensuration. In non‐egalitarianism, the nightmare is the emergence of a sovereign central perspective. The horrors of segmentary egalitarianism are located at the boundaries of well‐established in‐groups, and personified by non‐equals above, below, and elsewhere. General egalitarianism produces subjects that are ‘more equal than others’ and forces new in‐group/out‐group divides. Throughout, the violent aspects of egalitarian world‐making – such as enforcing measures, drawing boundaries, and suppressing incommensurabilities – are explored not just as constraints but also as generative social forces.\n\nRésumé\nSouvent idéalisé, l’égalitarisme charrie pourtant son lot de situations cauchemardesques, bien connues des anthropologues, où dominent l'envie, la méfiance et la violence. La présente introduction ébauche un cadre d'analyse des émotions négatives qui accompagnent les efforts de commensuration nécessaires pour s'assurer de l’égalité de tous, de la façon dont ce nivellement s'oppose à l'autonomie et à la mutualité de chacun, et de la manière dont il peut être endigué par des pratiques sociales de l'imagination. À partir d'exemples ethnographiques allant de l'architecture néolithique à la formation des États contemporains, les auteurs distinguent trois modes fondamentaux de l’égalitarisme : le « non‐égalitarisme », qui repose sur l'incommensurabilité des êtres ; l’égalitarisme « segmentaire », qui se base sur une commensuration partielle en définissant l'équivalence au sein de groupes restreints ; et l’égalitarisme « généralisé », fondé sur une commensuration universelle et absolue. Dans le non‐égalitarisme, le cauchemar consiste en l’émergence d'un point de vue central souverain. Pour l’égalitarisme segmentaire, l'horreur surgit à la frontière des endogroupes les mieux établis, sous la forme de non‐égaux situés dans un au‐dessus, un en‐dessous ou un ailleurs. L’égalitarisme généralisé produit des sujets « plus égaux que les autres » et de nouvelles divisions entre ceux qui sont dans le groupe et ceux qui n'y sont pas. L'ensemble de ces articles explore les aspects violents de la construction d'un monde égalitaire (mesures imposées, démarcations des frontières, abolition des incommensurabilités), non seulement comme contraintes, mais aussi comme forces sociales génératives.\n"]