Tactile tensions: uncertainty, mutuality, and therianthropic nightmares in Highland OdishaTact et tensions : incertitude, mutualité et cauchemars thérianthropiques dans les hautes terres de l'Odisha
Journal of the Royal Anthropological Institute
Published online on March 09, 2026
Abstract
["Journal of the Royal Anthropological Institute, Volume 32, Issue S1, Page 49-66, March 2026. ", "\nIn the central highlands of Odisha, India, Kutia Kondh families navigate a precarious reality shaped by productive autonomy, decentralized authority, and material and relational uncertainty. Abundance and destitution are finely balanced in a world where humans, animals, ancestors, and spirits are co‐present and co‐dependent but also opaque and unpredictable. A significant amount of ‘tact’ is therefore required to create enduring links of mutuality whilst also respecting the autonomy of the parties involved. Tactful action appears at multiple scales: everyday relational negotiations, shamanic dialogues, and ritual sacrifice are attempts to bring the uncertainty and heterogeneity of life into some kind of temporary orbit. These tactful elicitations of mutuality are a way to manage the difficult dead, unsatiated spirits, and uncanny therianthropes – nightmares of unmanaged commensuration in a situation of intense more‐than‐human mutuality. While the Kutia have a long history of ‘segmentary egalitarianism’ in regional politics, the everyday management of relational precarity in Kutia villages is opposed to any sense of equality‐as‐equivalence. Kutia families ultimately grapple with different egalitarian registers in the mutualities of upland life. Alongside egalitarian boundary work in communal relations, there is the newer civic egalitarianism of the Odisha state – an egalitarian register at a much larger scale, accompanied by new nightmares of total, tactless commensuration.\n\nRésumé\nDans les hautes terres centrales de l'Odisha, en Inde, les familles Kutia Kondh naviguent dans une réalité précaire dont les déterminants sont l'autonomie productive, l'autorité décentralisée et l'incertitude matérielle et relationnelle. L’équilibre entre abondance et dénuement est finement ajusté dans un monde où humains, animaux, ancêtres et esprits sont coprésents et codépendants, mais aussi opaques et imprévisibles. Il faut donc beaucoup de « tact » pour créer des liens durables de mutualité tout en respectant l'autonomie des parties en présence. Ce tact se manifeste à plusieurs échelles : par les négociations dans les relations quotidiennes, les dialogues chamaniques et les sacrifices rituels, on tente d'orienter l'incertitude et l'hétérogénéité de la vie sur un semblant de trajectoire temporaire. Ces appels précautionneux à la mutualité sont un moyen de gérer défunts difficiles, esprits insatisfaits et thérianthropes étranges qui sont autant de cauchemars de commensuration incontrôlée dans une situation de mutualité intense avec les plus‐qu'humains. Bien que les Kutia connaissent depuis longtemps un égalitarisme « segmentaire » en matière de politique régionale, la gestion quotidienne de la précarité relationnelle dans leurs villages s'oppose à toute notion d’égalité vue comme une équivalence. Les familles Kutia se retrouvent aux prises avec différents registres égalitaires dans les relations mutuelles de la vie dans les hautes terres. Le travail d’égalité aux frontières dans les relations communales se double depuis peu de l’égalitarisme civique mis en place par l’État d'Odisha, dont le registre, à une bien plus grande échelle, s'accompagne de nouveaux cauchemars liés à une commensuration totale et dépourvue de tact.\n"]