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Nightmares of solitude: collectivism and the body politic in the Pre‐Pottery NeolithicCauchemars de solitude : collectivisme et corps politique au Néolithique précéramique

Journal of the Royal Anthropological Institute

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Abstract

["Journal of the Royal Anthropological Institute, Volume 32, Issue S1, Page 138-158, March 2026. ", "\nKnown for its large settlements, monumental buildings, and elaborate funerary practices, the early Neolithic of the Near East is often seen as a case‐study of emergent inequalities. Yet, none of those markers correlate with pronounced distinctions of wealth or status. Plastered human skulls exemplify this issue: although they have been assumed to portray remarkable individuals, they were in fact deliberately deposited in collective sets that enhanced their incomplete and generic features. The immediate intelligibility of a face gives way to uncanny resemblances. In this respect, the interpretation of early Neolithic remains is not unlike that of dreams. This essay uses dreamwork as an analogy for interpreting archaeological evidence as evocative distortion of the past, rather than its mirror representation. In the seemingly egalitarian early Neolithic of the Near East, hierarchy existed without translating, as we would expect, into a single discrete scale of social differentiation. Instead, it operated in a fractal dimension that lay latent in interpersonal relations and intermittently appears as visions of composite identities in artistic or mortuary practices. Conversely, the individuation of bodies in the archaeological assemblage is not the relatable sign of a political order, but rather its manifest perversion: a nightmare of solitude.\n\nRésumé\nConnu pour ses grands établissements humains, son architecture monumentale et ses pratiques funéraires élaborées, le Néolithique ancien du Proche‐Orient est souvent considéré comme un cas d’école d’émergence des inégalités sociales. Pourtant, aucun de ces marqueurs n'est vraiment congruent avec des distinctions prononcées de richesse ou de statut. Les célèbres crânes sur lesquels fut surmodelé un visage en terre après la mort illustre bien cette contradiction : souvent perçus comme l'incarnation d'individus remarquables, ils étaient en réalité délibérément intégrés à des dépôts multiples qui accentuaient leurs caractères à la fois fragmentaires et génériques. L'intelligibilité immédiate d'un visage cède ainsi le pas à une inquiétante familiarité. À cet égard, l'interprétation des vestiges du Néolithique ancien n'est pas sans rappeler celle des rêves. Le présent article utilise cette analogie pour interpréter les données archéologiques en tant qu’évocation déformée du passé plutôt que sa représentation directe. Dans ce Néolithique en apparence égalitaire, la hiérarchie existait sans pour autant se traduire, comme on pourrait s'y attendre, par une échelle unique et discrète de différenciations sociales. Au lieu de cela, elle agissait dans une dimension fractale, qui demeure latente dans les relations interpersonnelles mais surgit brusquement sous la forme d'identités composites dans les pratiques artistiques et funéraires. À l'inverse, l'individuation de certains corps dans les assemblages archéologiques n'apparaît pas comme un indice cohérent de l'ordre politique mais plutôt comme sa perversion manifeste: un cauchemar de solitude.\n"]