Translating laws to Kichwa when even textbooks are hard to read: intertextuality, language standardization, and state power in EcuadorTraduire les lois en quechua alors que les manuels eux‐mêmes sont difficiles à lire : intertextualité, standardisation de la langue et pouvoir de l’État en Équateur
Journal of the Royal Anthropological Institute
Published online on March 05, 2026
Abstract
["Journal of the Royal Anthropological Institute, Volume 32, Issue 1, Page 203-223, March 2026. ", "\nWhat happens when Indigenous language‐translation becomes intertwined with state politics? In contrast to scholarship's emphasis on translation as reproducing a source text in another language, in Ecuador the translation of an education law to Kichwa prioritized other forms of intertextuality that connected the resulting text to a small corpus of pre‐existing Kichwa‐language state documents. Some translators supported cohesion, arguing for uniformity in how Kichwa is written across texts. Other translators sought to emphasize readability, which meant breaking with conventions, but their efforts faltered. Language standardization shapes and is shaped by how emergent texts relate to previous ones, and these relationships are key for how Indigenous languages are used to make a state intercultural. Hegemonic and counterhegemonic views of intertextuality factor heavily into translating state texts to Kichwa and may exacerbate rifts among planners and readers by foregrounding a singular stable way of writing that differs from how people use Kichwa daily. Such efforts may work against the collective mobilization so important to Indigenous social movements.\n\nRésumé\nQue se passe‐t‐il quand la traduction dans une langue autochtone s'entremêle avec la politique de l’État ? À la différence de l'approche universitaire, qui veut voir dans la traduction la reproduction d'un texte source dans une autre langue, la traduction d'une loi sur l’éducation en quechua en Équateur a donné la priorité à d'autres formes d'intertextualité, liant le texte obtenu à un petit corpus préexistant de documents officiels dans cette langue. Certains traducteurs ont plaidé pour la cohérence, via une écriture uniforme du quechua dans les textes. D'autres souhaitaient favoriser la lisibilité, ce qui supposait une rupture avec les conventions, mais leurs efforts n'ont pas abouti. La standardisation d'une langue modèle les liens entre les textes émergents et le corpus existant, et est modelée par eux en retour. Ces liens ont une influence cruciale sur l'utilisation qui est faite des langues autochtones pour qu'un État devienne interculturel. Des visions hégémoniques et contre‐hégémoniques de l'intertextualité sont à l’œuvre dans la traduction des textes officiels en quechua. Elles peuvent creuser le fossé entre concepteurs et lecteurs en privilégiant une manière d’écrire unique et figée qui diffère de l'usage quotidien du quechua par la population. Ces efforts peuvent contrarier la mobilisation collective, si importante pour les mouvements sociaux autochtones.\n"]